Idée reçue 1 : Les caméras permettent un recule de la délinquance !

-A ce jour, il n’existe aucune étude nationale montrant l’efficacité absolue (sans tenir compte du coût du dispositif) des caméras de vidéo-surveillance sur la délinquance.

-Rapport 2010 et 2020 de la cour des comptes « Au vu des constats locaux résultant de l’analyse de l’échantillon de la présente enquête, aucune corrélation globale n’a été relevée entre l’existence de dispositifs de vidéoprotection et le niveau de la délinquance commise sur la voie publique, ou encore les taux d’élucidation »

-3 études des Chambres régionales des comptes aboutissent au même résultat à St Etienne, Lyon, Nice.

-Une étude scientifique menée en France sur trois communes de tailles différente montre :

  • Une contribution aux élucidations des infractions de l’ordre de 1 à 2 %.
  • Un déplacement de l’activité délinquante.
  • Une utilisation orientée vers la vidéoverbalisation des infractions routières.

→ Aucune diminution de la délinquance. Aucune protection face au terrorisme

-En 2005 à Londres, une étude montre que les caméras peuvent être efficaces en milieu clos (ex métro, parking,…) mais inutiles dans la rue (cité dans l’émission cash investigation).

-L’Audit réalisé sur la VS à Levallois-Perret conclue : aucun effet sur la délinquance pour un coût exorbitant.

-Une étude du ministère de l’intérieur montre un augmentation des agressions aux personnes dans les villes les plus équipées de caméras. Une légère baisse dans les villes qui ne sont pas équipées de caméras. Dans cette même étude il est montré que le taux d’élucidation des crimes augmente plus rapidement dans les villes sans caméra comparé aux villes qui en ont (cité dans l’émission cash investigation).

-Alors que le Royaume Uni est massivement et depuis longtemps équipé de VS, les études commandées par le ministère de l’intérieur au Home Office, confirment ces résultats, la VS est inefficace pour réduire la délinquance.

-Pour illustrer. Les attentats de Nice en 2016 (86 morts) ont lieu dans la ville la plus vidéosurveillée de France. On ne compte aucun attentat terroriste où la VS à permis d’empêcher une récidive.

-La majorité des violences graves et répétées se situent dans la sphère privée (ex familiale) loin des caméras de vidéosurveillance.

-Les caméras engendrent un déplacement des actes de délinquance prémédités.

-Un majorité des actes de violence et de délinquance sont commis sous l’emprise de drogues et/ou suite à une réaction épidermique. La présence de caméras ne prévient en rien ce type de violence.

→ Pire, il existe plusieurs exemple qui montre que les caméras sont à l’origine d’erreurs judiciaires. Ex de Viry-Châtillon. Des policiers qui protègent une caméra de vidéo-surveillance se font attaquer. La caméra montre qu’un groupe de 16 à 20 personnes ont participé à cette attaque. Les policiers sous pression vont donc chercher 16 « coupables » allant jusqu’à volontairement fabriquer de faux coupable en falsifiant des procès verbaux d’auditions. Des innocents ont passé jusqu’à 4 ans sous les barreaux pour rien.

  • Le premier promoteur politique de la VS en France, M. Patrick Balkany alors maire de Levallois-Perret a été condamné à 3 ans de prison ferme. M. Nicolas Sarkozy, proche du précédant, ministre de l’intérieur, puis président de la république engage la France dans une politique d’équipement massive en VS. Il est aujourd’hui mis en examen pour association de malfaiteurs.

Idée reçue 2 : Les caméras ne coûtent pas cher puisque ces dispositifs sont en grande partie subventionnés par l’Etat !

-L’argent de l’état est aussi celui des contribuables. Le coût réel pour la population est donc bien le coût total et pas le coût hors subventions.

-Le coût annoncé prend-il en compte l’installation, le salaire et la formation des agents, l’entretient et le remplacement des caméras en cas de dégradation ?

-Le rapport 2020 de la cour des comptes critique sévèrement le coût de ces installations au regard de l’absence de preuve concernant l’efficacité de ces dispositifs de vidéosurveillance.

-La mise en place de VS détourne les financements publics de mesures réellement efficaces : (lutter contre les violences intra familiales, l’échec scolaire précoce, le désœuvrement des jeunes, le chômage, la pauvreté et conforter les moyens humains de médiation ou de présence policière effective sur le terrain si nécessaire). C’est pourquoi la VS profite à la délinquance en désarmant la société.

Idée reçue 3 : Les caméras permettent d’augmenter le nombre de flagrant délit.

-C’est possible mais cela nécessite au mieux l’utilisation de nombreux agents de police qui pourraient être sur le terrain, au pire l’utilisation de dispositifs d’intelligence artificielle aussi appelée vidéo-surveillance automatisée.

-La verbalisation de flagrant délits de type incivilités est freinée par d’importantes lourdeurs administratives. C’est ce qui a été observé à Valenciennes qui à tenté de contourner les difficultés de la procédure en instituant un mécanisme de sanction administrative qui s’est elle même confronté à des difficultés de recouvrement de ces mêmes sanctions. Ici encore, aucune étude n’a permis d’évaluer l’efficacité des cameras de vidéosurveillance. (Rapport de la cour des comptes, Commune de Valenciennes Tome 2 –Enquête régionale sur la propreté urbaine, Janvier 2021).

Idée reçue 4 : La vidéosurveillance n’a rien à voir avec la surveillance de masse ni avec l’utilisation de technologies d’intelligence artificielle.

-La reconnaissance de masse est utilisée dans plusieurs pays dans le monde mais interdite en France. Néanmoins, ces technologies sont installées et testées dans de nombreuses communes comme par exemple à Paris à la station RER de Châtelet les halles sans que les usager.ère.s soient prévenu.e.s (LSD France culture), ou encore à Marseille, Nice, Metz.

-A cause de la masse considérable de données générées par ces dispositifs, les technologies de vidéosurveillance sont totalement inefficaces sans être couplés à des systèmes d’intelligence artificiels permettant une automatisation du traitement de l’information.

-A Moirans, ville de 7000 habitants, un dispositif de vidéosurveillance automatisé est utilisé depuis 2019 avec le logiciel Breifcam capable de faire de l’analyse biométrique des personnes. L’utilisation de ce logiciel n’avait pas été prévu dans le premier cahier des clauses techniques particulières (CCTP) exigé pour tout marché public. De plus, ce dispositif a été mis en place sans aucune étude d’impact pourtant obligatoire dans ce cas. (Article de la quadrature du net « Une vidéosurveillance peut en cacher une autre » 12 mars 2021)

-Il existe déjà des expérimentations d’interconnexion de différents fichiers et bases de données notamment les fichiers des pièces d’identité sur lesquels on trouve nos photos pouvant être utilisées pour établir des reconnaissances faciales.

-Ces technologies ne sont pas fiables et peuvent accuser à tors des citoyen.ne.s.

-Les technologies de reconnaissances faciales sont racistes. En effet, une étude du National Institute of Standards and Technology (NIST) à montré que les personnes noires avaient plus de probabilité d’être exposées à des erreurs d’identification par les systèmes de reconnaissance faciale. Cela implique qu’une personne noire à plus de chance d’être accusée à tort suite à une reconnaissance erronée d’un dispositif de vidéosurveillance qu’une personne blanche. Suite à cette étude, les villes de San-Fransisco et Boston aux USA ont refusé l’utilisation de la reconnaissance faciale sur leurs territoires.

-La CNIL pour l’instant interdit la généralisation de l’utilisation de ces technologies de surveillance de masse (reconnaissance faciale,….). Cependant, la CNIL envisage l’autorisation de l’utilisation de ces technologies pour les JO de 2024. Foix est candidate pour la tenue des épreuves de canoë. Y a-t-il un lien entre la volonté de mettre en place ce type de dispositifs et les JO ?